Radio H ➐

  • ➐ TÉLÉ RÉALITÉ 2 Loft-story-logo-hd

    Nouvelle émission de télé réalité
    Un cul
    En gros plan
    Pendant une demi-heure : rien
    Puis une légère noisette sombre apparaît Fine, longue, élégante
    Elle se détache puis tombe
    Fin de l’émission
    Enorme succès
    A qui est ce cul ?
    Homme, femme, star, anonyme ?
    Photos du cul partout
    Unique sujet de conversation
    Pendant trois mois tous les soirs
    A heure de grande écoute
    Le cul défèque mystérieusement
    D’autres culs fleurissent
    Mais d’aucuns possèdent le charme,
    La langueur, le trouble du cul premier Après trois mois révélation du cul magique : Un visage apparaît,
    Une assistante sociale au chômage
    Elle a 28 ans, son fiancé est en prison
    Le cul de gloire, le cul élu !
    Quel cul tapi dans l’ombre n’a jamais rêvé De briller d’un tel Soleil ?
    Générique
    Fin de l’émission

  • ➐ LE CAUCHEMAR MERVEILLEUX cauchemar1

    Est il possible, un jour, de quitter l’enfance ?

    L’enfance est un cauchemar merveilleux, qui émerge doucement des limbes, dans une grande vitesse mais au ralenti, l’illumination progressive de l’inconscience, l’épaississement des os, création continuelle des synapses, l’allongement des nerfs, une tension perpétuelle vers l’agrandissement des univers, la santé fondamentale comme un bloc de puissance, l’aveuglement de l’innocence, la loi pure dans son implacable cosmique.

    Les enfants jouissent de l’enfance comme des fantômes heureux qui flottent sur un océan d’extases, de rires, de rêves évanescents, les adolescents sont de vieux enfants perdus dans l’illusion de pouvoir trahir leur enfance au profit d’un futur insaisissable, les adultes sont des enfants hargneux qui déclarent la guerre à leur enfance et qui sombrent dans la mélancolie de batailles toujours perdus, les vieux abandonnent la guerre et retombent tendrement en enfance, quand ils redécouvrent le continent secret, incontinents, ils relâchent toutes tensions et ils meurent.

    Seuls sont joyeux ceux qui savent qu’ils sont et resteront de tout temps des enfants merveilleux, perdus dans des jeux sans fin.

  • ➐ L’ivresse Des Hauteurs Toujours-la-meme-photos---Jimidi-couche-dans-l-herbe---Ph

    Là-haut, où ça grimpe
    Guidés dans un sentier de lumière
    Par les oiseaux et par le vent
    On a découvert une clairière
    A flanc de colline, face au soleil
    On s’est allongés dans l’herbe
    On a fermé les yeux
    Mais juste avant de s’endormir
    Elles sont apparues
    Des femmes, dansantes, blanches
    Des étincelles, vives, nombreuses
    Une espèce d’enchantement
    Un délire sans aucun doute !
    Je respirais l’ombre de leur parfum
    Je ne pouvais pas les toucher
    On ne pouvait pas non plus leur faire l’amour
    Même si on en avait très envie
    On les regardait tournoyer autour de nous
    On avait comme perdu la raison
    Pourtant, on n’avait rien bu
    Peut-être l’ivresse des hauteurs
    Le vertige du printemps

    Tu savais que beaucoup de femmes
    Ont une âme de guérisseuse
    Elles ont posé leurs mains sur nous
    On a tout de suite senti une chaleur se répandre
    Dans tout le corps
    Un courant d’énergie pure
    Agissait à l’intérieur
    Ce qui était tordu se redressait
    Ce qui était obscurci s’éclaircissait
    Ce qui était cadenassé se déverrouillait
    Après tout a changé, on était
    Vif, léger, ouvert, lumineux
    Alors elles ont commencé à nous parler
    C’était en quelque sorte
    Toutes les femmes qu’on avait aimées
    Mère, filles, amantes, légitimes, illégitimes
    Sœurs, amies, grand-mères, arrière grand-mères
    C’était l’heure des secrets
    Des solitudes, des abandons
    Regrets, absences, trahisons
    Mais aussi des joies, des fous rires
    Des extases et de l’amour absolu

    Après cette confession étrange
    Le silence nous a pris
    On était abasourdis, détruits
    Mais aussi soulagés, neufs, vivants, solides, transparents
    C’était l’heure de partir
    La nuit tombe vite
    Et on avait un peu de marche
    On a embrassé virtuellement
    Toutes nos femmes merveilleuses
    L’atmosphère était saturée de plaisir
    Elles ont virevolté une dernière fois
    Autour de nous et ont disparu
    ON est rentrés d’un bon pas
    Avec cette joie féroce dans le ventre
    Une envie de tout dévorer
    Fallait pas nous chercher
    Arrivés au village, les gens nous ont souri
    Ça leur faisait du bien
    De voir deux gars redescendre de la montagne
    Complètement illuminés
    On s’est regardés, on a rigolé doucement
    Et sans dire un mot
    On est partis chacun de notre côté
    Il y avait tout à faire
    A rêver, à construire
    Mais maintenant c’était plus facile
    Elles étaient là, avec nous.

  • ➐ Pierre richard 1316025318_3

    Acrobate libertaire, léger, léger, léger, il danse sa maladresse, extrêmement adroit dans la maladresse, rigoureux dans la chute, âge d’or, innocence, sixties, seventies, eighties, danseur de l’absurde, métaphysique rigolote, élégance, élégance, élégance, léger, il danse avec la porte quand il se la prend en pleine gueule, il danse avec l’humiliation, il danse avec la méchanceté, Pierre Richard, léger, il survole tout, léger, léger, éternel jeune prince français du burlesque cruel, apôtre glorieux et lumineux de la malchance, cœur ouvert, pur, enfant solaire qui traverse les catastrophes avec la joie qui danse dans son corps souple, aujourd’hui vieillard solaire qui raconte des histoires solaires, disponible, souple, léger, léger, léger, Pierre Richard.

  • ➐ Radio H — Sommaire RadioHHH

    Cette semaine dans l’avant dernière radio H, un long poème, l’Ivresse des hauteurs, dit avec le magnifique Jean Louis Trintignant, tiré du disque d’Arthur Baba Love. L’Ivresse des hauteurs évoque des femmes fantômes qui viennent guérir le cœur blessé de deux amis endormis dans une clairière.
    Une rencontre entre Arthur et le très fringuant octogénaire Pierre Richard, autour du burlesque, de la musique et de la cruauté de l’humour. Suivi d’un texte de circonstance sur l’enfance comme cauchemar merveilleux. Sur les adultes qui savent rester des enfants perdus dans des jeux sans fin…
    Une consultation très colérique du Docteur Love. Docteur Love appelle l’esprit de Mike Tyson afin de réveiller l’esprit de révolte chez son patient préféré jean Paul Dix.
    Enfin, peut être le seul poème au monde qui parle de la Télé réalité, tiré du recueil de poème d’Arthur, le Cauchemar Merveilleux