Radio H ➏

  • ➏ Radio H — Sommaire RadioHHH

    Cette semaine dans Radio H numéro 6 un grand poème de Guillaume Apollinaire mis en musique par Nicolas Repac et tiré de l’Or d’Eros. Une rencontre avec Ayyam Sureau et son extraordinaire école Pierre Claver dédiée aux migrants, à la connaissance du français, un lieu studieux et inspirant. Le Docteur Love retrouve son inspiration et son efficacité en évoquant à nouveau l’esprit de Mohamed Ali. Et pour finir un poème de gratitude du célèbre Anatalius tiré du Cauchemar Merveilleux d’Arthur.

  • ➏ ANATALIUS SANS REMORD NI REGRET joseph_beuys__how_to_explain_pictures_to_a_dead_hare__1965

    (mais véridiquement pétri de gratitude)

    Merci pour l’ivresse, l’amour, le désir etc…
    Merci pour l’humiliation, les blessures, les tristesses etc…
    Merci pour avoir léché les pétales d’une fleur de chair
    Merci pour avoir léché les contours d’une vieille plaque rouillée

    D’avoir escaladé les barbelés
    Les mains couvertes de sang
    Pour choir dans le jardin interdit

    D’avoir mangé des cailloux
    Pour déféquer des émeraudes

    Merci pour le ventre qui trésaille, pour la main qui tremble,
    Pour l’œil qui se ferme, le pas qui se ralentit

    Merci pour les secousses d’un cœur en latex
    Le cœur amoureux qui implose au ralenti
    Merci pour l’oiseau empoisonné
    qui crève sur le rebord d’une gouttière
    et pour le chat de riche qui somnole
    à l’ombre d’un palais de cristal

    Merci pour l’unique jambe de l’unijambiste
    pour l’œil étincelant du cyclope
    pour l’œil supra conscient du sourd dingue

    Merci pour le rire clandestin
    plus assassin que la troisième guerre mondiale

    Merci pour mots, images, sons, chansons merveilles de peintures invisibles
    qui tracent dans l’air
    les esquisses fugaces
    de la joie insaisissable

    Merci pour avoir chuté dans l’escalier
    et s’être relevé telle ballerine miraculeuse

    Merci à tous les êtres qui après m’avoir enduit de goudron parfumé
    ont déversée tonneaux de plume d’or
    sur mon squelette de chair

    Merci à tous les enfants qui me resteront à jamais
    soleils infinis et plaies d’amour à jamais purulentes
    merci à la femelle sensible qui déborde d’une plénitude irréelle
    merci, merci encore !
    enfin merci pour tout quoi !

  • ➏ Lou mon étoile – Guillaume Apollinaire Capture d’écran 2016-04-02 à 18.21.56

    L’étoile nommée Lou est aussi belle aussi voluptueuse qu’une jolie fille vicieuse.
    Elle est assise dans un météore agencé comme une automobile de luxe
    Autour d’elle se tiennent les autres étoiles ses amies
    Autour de l’automobile stellaire s’étend l’infini éthéré
    Les planètes rutilantes se montrent tour à tour comme des déesses callipyges sur l’horizon
    La voie Lactée monte comme une poussière derrière
    Le météore automobile
    Des guirlandes d’astres décorent l’infini
    Le météore automobile luxueux et architectural
    Comme un palais
    Est monté sur un bolide énorme qui tonne à travers les cieux qu’il sillonne d’éclairs
    Versicolores et durables comme de merveilleux feux de Bengale
    Et doux comme des baisers éternels
    Et des rayons de soleil ombragent
    Ainsi de beaux arbres
    Printaniers
    La route diaphane
    Ô Lou étoile nommée Lou la plus belle des étoiles
    Ô reine des Etoiles
    Ton royaume s’étend en plaines animées comme les oiseaux
    En plaines mouvantes
    Comme un régiment de fantassins nomades
    Etoile Lou beau sein de neige rose
    Petit nichon exquis de la douce nuit
    Clitoris délectable de la brise embaumée d’Avant l’Aube
    Les autres astres sont ridicules et sont tes bouffons
    Ils jouent pour toi des comédies
    Fantasmagoriques
    Ils font les fous pour que l’Etoile nommée Lou ne s’embête pas
    Et parfois les nuits sont mortelles
    L’Etoile nommée Lou
    Traverse des prairies d’asphodèles
    Et des fantômes infidèles
    Pleuvent dans les abîmes autour d’elle
    Mais cette nuit est si belle
    Je ne vois que l’étoile que j’aime
    Elle est la splendeur du firmament
    Et je ne vois qu’elle
    Elle est un petit trou charmant aux fesses des nuages
    Elle est l’étoile des Etoiles
    Elle est l’étoile d’Amour
    Ô nuit ô nuit dure toujours ainsi

    Mais voici
    Les gerbes des obus en déroute
    Qui me voilent
    Mon étoile
    Je baisse les yeux vers les ténèbres de ma forêt
    Et mon intelligence amoureuse
    Devient oiseau
    Pour aller revoir plus haut plus haut
    Plus haut toujours
    Ce petit cœur bleuâtre
    Qu’est mon étoile nommée Lou
    Ma douce étoile qui fait vibrer au ciel
    Des mots d’amour exquis
    Qui viennent en lents airs dolents qui correspondent
    Nuance à nuance à chaque chose que je pense
    Etoile Lou fais-moi monter vers toi
    Prends-moi dans ta splendeur
    Que je sois ébloui et presque épouvanté
    Que l’espace bleu se creuse à l’infini
    Que l’horizon disparaisse
    Que tous les astres grandissent
    Et pour finir, fais-moi pénétrer dans ton paradis
    Que j’éprouve une sensation
    De bien être inouï
    Que j’absorbe par toute ma chair toute mon âme
    Ta lumière exquise
    Ô mon paradis

    Mon très cher petit Lou, je t’adore
    Mon très cher petit Lou je t’aime
    Ma chère petite étoile palpitante je t’aime
    Corps délicieusement élastique je t’aime
    Vulve qui serre comme un casse-noisette je t’aime
    Sein gauche si rose et si insolent je t’aime
    Sein droit si tendrement rosé je t’aime
    Mamelon droit couleur de champagne non champagnisé je t’aime
    Mamelon gauche semblable à une bosse du front d’un petit veau qui vient de naître je t’aime
    Nymphes hypertrophiées par les attouchements fréquents je vous aime
    Fesses exquisément agiles qui se rejettent bien en arrière
    Je vous aime
    Nombril semblable à une lune creuse et sombre je t’aime
    Toison claire comme une forêt en hiver je t’aime
    Aisselles duvetées comme un cygne naissant je vous aime
    Chute des épaules adorablement pure je t’aime
    Cuisse au galbe aussi esthétique qu’une colonne de temple antique je t’aime
    Oreilles ourlées comme de petits bijoux mexicains je vous aime
    Chevelure trempée dans le sang des amours je vous aime
    Pieds savants pieds qui se raidissent je vous aime
    Taille qui n’a jamais connu le corset taille souple je t’aime
    Dos merveilleusement fait et qui s’est courbé pour moi je t’aime
    Bouche Ô mes délices ô mon nectar je t’aime
    Regard unique regard-étoile je t’aime
    Mains dont j’adore les mouvements je t’aime
    Nez singulièrement aristocratique je t’aime
    Démarche onduleuse et dansante je t’aime
    Ô petit Lou je t’aime je t’aime je t’aime.


    © Frank Loriou

     

  • ➏ LA BALLADE DES CLANDESTINS IMG_6440

    Tout près de rien, à côté de nulle part
    Suivant de près quelques traces qui s’effacent
    Les clandestins glissent vers la lumière
    A mourir pour mourir autant mourir debout

    Pars avec moi vers ce qui nous éclaire
    On travaillera chez l’ami de mon frère
    Les clandestins glissent vers la lumière
    A mourir pour mourir autant mourir debout

    Oh tu es fou malade mais je reste avec toi
    Ne change pas c’est comme ça que je t’aime
    Oh que je t’aime

    Elle vient de loin et elle sait comment faire
    Même tout en bas elle peut voir la lumière mais
    Quand il l’embrasse elle se fout de tout
    A mourir pour mourir autant mourir debout

    Lui c’est obscur son cœur est un bunker
    Il croit qu’il est toujours seul sur la terre mais
    Quand elle l’embrasse il se fout de tout
    A mourir pour mourir autant mourir debout

    Oh tu es fou malade mais je reste avec toi
    Ne change pas c’est comme ça que je t’aime
    Oh tu es fou malade mais je reste avec toi
    Ne change pas c’est comme ça que je t’aime
    Que je t’aime

    Je ne sais où tu m’emmènes
    Tu ne sais même pas où tu vas
    Regarde devant, et marche droit
    Mon amour est l’ombre qui ne te quitte pas

    Regarde devant, et marche droit

  • ➏ Ayyam Sureau 4643714_6_137d_avec-son-mari-francois-avocat-ayyam-sureau_3a7e8ce5a282835553dd06f9e523f4a8

    Une rencontre avec Ayyam Sureau et son extraordinaire école Pierre Claver dédiée aux migrants, à la connaissance du français, un lieu studieux et inspirant


    L’école Pierre Claver

    L’Association Pierre Claver propose aux demandeurs d’asile une Ecole qui est un lieu de rencontre et d’étude durant le temps où ils attendent leur titre de séjour en France. Une fois qu’ils l’ont obtenu , ainsi que l’autorisation de travailler en France, Pierre Claver se propose, si ils ont atteint un niveau de langue suffisant, de les accompagner dans leurs premières recherches d’emploi, et surtout de les encourager à choisir une formation ou un métier adapté à leurs compétences et à leurs désirs. Pour cela, l’Association Pierre Claver a noué des liens avec divers partenaires institutionnels.

    Pour en savoir plus sur l’école Pierre Claver, c’est ici


    © Ed Alcock / M.Y.O.P. pour M le magazine